On le savait en regardant le programme du candidat Yves Michel, la culture ne serait pas le point fort de son mandat ; il ne parlait que d’accroître la « diversification de la programmation culturelle », sans dire pour autant ce qu’il entendait par là. Etait-ce à dire que la programmation de la municipalité Méric n’était pas assez éclectique ? Le choix proposé à la population pas suffisamment vaste ?

Une fois élu, qu’a décidé notre maire ? Au lieu de « diversifier », il a au contraire supprimé purement et simplement un certain nombre de manifestations régulières ; citons parmi elles :

-         Les Rencontres Méditerranéennes, sponsorisées par le Conseil Général,

-         Le Festival de Thau, qui avait accueilli, entre autre, des artistes comme Salif Keïta ou Ayo,

-         Le festival Convivencia, concerts gratuits sur le port de la ville,

-        Le spectacle musical de la Scribote, dont Yves Michel se proclamait pourtant fervent supporter (1),

-         Etc… Etc…

Dernièrement le Festival « Destination Soleil » a dû être annulé à la dernière minute ; il en a été de même pour d’autres manifestations pourtant prévues sur l’agenda des animations de la ville, comme l’a justement fait remarquer Jean Pierre Dacher dans un de ses commentaires …

Revenons à « Destination Soleil » ; cette programmation dans laquelle la municipalité participait à hauteur de 15 000 euros (2) sous notre mandat avait permis, dans une ambiance festive, de produire  à la plage des « pointures » telles que Diams’ ou les Tambours du Bronx (pour les plus connus du grand public) avec en moyenne 4 000 spectateurs payants par soirée, une des plus grosses fréquentations du Languedoc Roussillon en la matière.

Qu’on fait Yves Michel et son équipe ? Ils ont demandé aux organisateurs de déplacer la manifestation du mois d’août vers le mois de juillet, période durant laquelle il est malaisé de communiquer (une majorité de festivals se déroulant en même temps) et où il est plus difficile de « réserver » des artistes. Moralité : ce festival, florissant sous Méric, s’est transformé en une immense déconfiture sous Michel, puisqu’il a été annulé, au risque de compromettre les éditions suivantes !!!!

Et alors, diront certains, qu’est ce qu’on en a à faire, du moment que le maire nous répare les trous dans la chaussée devant chez nous ?

On en a à faire beaucoup en réalité ! Outre le fait de faire découvrir des artistes en direct aux Marseillanais pour des tarifs somme toute modiques. Imaginons (toutes proportions gardées) Cannes sans son festival … Ne plus organiser de manifestations de ce type, c’est priver Marseillan de couverture médiatique. Nous avions eu 5 minutes de reportage sur France 3 lorsque nous avions accueilli en marge de « destination Soleil » Richard Bohringer. Nous avions eu plusieurs minutes sur Ayo avec le festival de Thau ; l’avant dernière année de la Scribote, les médias étaient également venus nombreux se faire l’écho de ce spectacle créé sous Méric. Et qu’est-ce qu’une bonne couverture médiatique ? Ce sont des reportages télévisés, radiodiffusés ou écrits, gratuits, qui participent plus efficacement que n’importe quelle campagne de com’ à la notoriété d’une ville, et qui entraînent des retombées importantes en terme de fréquentation touristique et en terme d’image pour Marseillan. C’est donc aussi du développement économique, ce fameux développement économique dont Yves Michel nous rebat les oreilles dans ses discours et qu’il ruine en partie dans les faits en enterrant la plupart des manifestations et concerts mis en place sous Méric.

David SAUVADE

Conseiller municipal

Ancien adjoint à la culture

(1) Dès son arrivée en Mairie, Marie Françoise Demortier, adjointe à la culture et à l’assainissement, a demandé à éplucher toutes les factures relatives à l’organisation de la « Scribote » depuis 4 ans, pour y découvrir d’éventuelles fraudes d’élus ou de bénévoles … Naturellement, elle est repartie bredouille … Sympa l’ambiance !

(2) La municipalité Méric versait une participation de 15 000 euros (cette somme était auparavant dépensée pour de petits spectacles gratuits à la même période) à l’organisateur privé des concerts. Il mettait de sa poche le reste (environ 100 000 euros). Il encaissait le produit de la vente des billets mais assumait seul le déficit s’il y en avait un. L’année dernière, Michel Ibars, conseiller délégué à Marseillan plage, avait qualifié ces concerts de « musique de sauvage » et le maire m’avait déclaré vouloir « mettre son veto si les artistes choisis par l’organisateur de correspondaient pas à la nouvelle image qu’il voulait donner de la station ». On sentait que la municipalité ne portait pas « Destination Soleil » dans son cœur. Dernièrement, j’ai interrogé le Maire et son conseiller à ce propos, déplorant l’absence de têtes d’affiche cette année. Yves Michel m’a juré qu’il n’avait censuré aucune des propositions de l’organisateur. Cependant celui-ci, selon « La Gazette de Sète » a menacé la municipalité de se délocaliser sur Le Cap si le Festival n’était pas reporté en août. A suivre …