Dans le dernier numéro de « Lo Cridaire », Monsieur le maire nous vante les mérites de sa gestion.

« Une véritable politique de maîtrise des dépenses de fonctionnement », « un budget d’investissement dynamique », « avec une légère augmentation des taux [d’imposition] …limitée à  1,9% [ce qui] relève de l’exploit dans cette conjoncture économique défavorable ».

Voici 2 graphiques publiés par le journal municipal :

cridaire_002

cridaire_001

Pour commencer, soit on ne sait pas lire, soit ces graphiques sont faux !!!!!!!

Le dossier s’intitule « budget 2010 ». Il donne en dépenses de fonctionnement 11.895.830 euros et en recettes de fonctionnement 12.312.326 euros (1)

Sauf que le budget 2010, passé en Conseil en mars, fait état de 12.592 366 euros de dépenses et autant en recettes !!! Un budget primitif devant toujours être en équilibre (2), les « camemberts » du journal municipal doivent représenter autre chose. On nous dira alors, « c’est le budget réalisé 2009 qui a été publié ». Même pas ! Il était à 11.255.661 euros en dépenses et à 12.796.795 euros en recettes.

On chipote, mais même là, ça fait une erreur cumulée de 1.040.000 euros, c’est plus qu’un pourboire !!!!!

Alors, ils sortent d’où, ces chiffres ? Eh ben, on en sait rien !!!!! Bonjour le sérieux  …. Yves Michel nous avait annoncé la couleur dans son article : « la commune cherche à comprendre les subtilités de la gestion communale ». Si Yves veut les comprendre, il n’a qu’à nous appeler, on lui expliquera !!!!!!!!

Voilà encore un joli exemple de l’amateurisme de cette équipe municipale (3) dans le domaine des finances publiques. Voyons maintenant ce qui en découle pour nous autres, Marseillanais.

Comment se peut-il qu’une ville en faillite en novembre 2008 (selon l’audit de KPMG) se retrouve désormais si riche qu’elle peut investir plus de 5,5 millions en 2009 et plus de 4,5 millions en 2010 ?

Sous Méric, la moyenne des investissements annuels atteignait à peine 3 millions, et Yves Michel, alors conseiller d’opposition, ne cessait de critiquer le volume des investissements, qu’il jugeait « pharaonique ». Une fois élu, il s’est empressé de dépenser … Presque le double !!!!

Mais comment fait-il ?

Explication officielle du maire : « J’ai fait de grosses économies en fonctionnement, et j’ai ainsi dégagé davantage d’argent pour effectuer des travaux sur Marseillan », ce qu’il résume dans son article par « Mieux gérer pour plus investir ! ».

Faux !!!!! Yves Michel a dépensé en fonctionnement 11 254 638 euros en 2008 et 11 258 661 en 2009. Soit exactement un peu plus que la même chose. Le Maire a bien diminué l’enveloppe des traitements de la ville, en embauchant moins de saisonniers, mais en contrepartie il a multiplié les contrats avec des entreprises privées sur des tâches auparavant dévolues aux employés communaux (nettoyage de la place du marché de la plage, maintenance de l’éclairage public ….). A titre d’exemple, le nettoyage de la place du marché a coûté 28 000 euros, soit le salaire de 7 saisonniers à plein temps sur 2 mois !!!!! Mais dans le même temps, Yves Michel a changé tous les véhicules des services techniques !!!! Où sont les économies, ou est la cohérence ?

Alors, d’où viennent les sous ? Simple ! Depuis l’élection de Yves Michel, la pression fiscale a augmenté de 19,3 %, entre 2008 et 2009, soit 500 000 euros de plus dans les caisses de la ville. Pour quelle raison ? Aucune, puisque, comme on vous l’a dit, le maire dépense plus ou moins la même chose d’une année sur l’autre. Drôle de conception d’une « gestion saine » !!!

Et en plus, ça ne fait pas le compte, me direz-vous !

Eh non, le reste, c’est de l’emprunt ! Il manque en fait un graphique à côté des jolis « camemberts » du journal municipal, celui de l’explosion des emprunts, portés à 4,2 millions en 2009, qu’on se fait un « plaisir » de publier ici. On remarquera que la municipalité Méric avait été obligée de mobiliser un volume aussi grand ... Pour construire un groupe scolaire à 3 millions, en 2005.

Pr_sentation1

Moralité : En 2009, Yves Michel a cumulé les dépenses « bling bling » ou « tape-à-l’œil » (plus de 2 millions et demi de véhicules, de fibre noire, de guirlandes de Noël …), il fait mener grand train à la ville … Mais paye tout à crédit !!!! Y’en a qui ont fait ça il y a pas longtemps, du côté d’Athènes, avec les résultats que l’on sait. D’ici à ce qu’on aille nous aussi se faire voir chez les Grecs, y’a pas loin !!!!!

1) Le budget de la ville est divisé en 2 parties : la section de fonctionnement et la section d’investissement, chacune comportant des recettes et des dépenses.

Le fonctionnement, comme son nom l’indique, comprend les dépenses courantes (salaires des employés, matériel pour fonctionner sur l’année, entretien des bâtiments et des espaces verts etc. …). Les recettes sont couvertes par l’impôt, les aides de l’Etat, les recettes du camping et des bungalows, de la cantine, des crèches etc. …

L’investissement, en gros, c’est ce qui accroît le patrimoine communal. Les dépenses, ce sont les travaux routiers importants, la création de bâtiments communaux, l’achat de véhicules etc. … Les recettes d’investissement, ce sont les subventions, les excédents reportés de fonctionnement … Et les emprunts qui payent les travaux.

Pour résumer, vous achetez un stylo, c’est du fonctionnement, vous refaites un boulevard, c’est de l’investissement.

2) Le budget primitif, c’est la prévision budgétaire pour l’année en cours. Mais seul l’Etat a le droit de présenter un budget en déficit. Les autres collectivités doivent voter des budgets primitifs de fonctionnement et d’investissement en équilibre. Si a la fin il y a plus de dépenses que de recettes… Ben là, honnêtement, vous êtes mal !!!!

Le budget réalisé, c’est tout simplement la réalité des dépenses et des recettes de l’année.

Vous savez maintenant tout sur le budget ; vous pouvez maintenant monter une liste et vous présenter aux municipales !!!!

3) La dernière fois où Yves Michel avait voulu parler de finances publiques, c’était dans le journal municipal de mars avril 2009 : les taux d’impositions qu’il avait publiés pour l’année en cours …étaient en fait ceux de 2005 !!!!! On ne vous parle pas non plus du débat d’orientation budgétaire 2009, qui était truffé d’erreurs grossières …