Yves Michel, vœux au personnel communal, janvier 2010 : « je veux faire un geste fort : tous les personnels municipaux en contrat précaire seront titularisés. Pas cette année, mais en 2011, car le budget 2010 ne le permet pas ».

Le même, Conseil municipal de mars 2010, s’adressant à l’opposition : « Regardez à combien on part, regardez l’augmentation permanente des charges de personnel qui ont plombé les finances de la commune [entre 2001 et 2008], qui vous ont obligé d’augmenter les impôts de plus de 10% par an pendant 7 ans [Nous], on arrive a faire baisser les charges de personnel … Et je sais me rappeler lorsque j’étais sur les bancs de l’opposition, je vous disais : « Attention, attention, vous embauchez trop de personnel ! ». Certaines personnes sont parties, on ne les remplace pas … ça s’appelle la gestion du personnel (1) ».

On commence à se demander s’il n’existe pas 2 Yves Michel qui se succèdent à tour de rôle, l’un s’amusant à dire le contraire de ce qu’a raconté l’autre la veille … Ou si ce n’est pas tout simplement pathologique.

Résumons :

ACTE I : Yves Michel annonce aux employés précaires leur titularisation prochaine, et ce en contradiction flagrante avec ses propos de mars 2010.

La ville n’ayant pas la bourse de Rothschild, ni celle de Bettencourt (après ou avant le bouclier fiscal), à notre départ en 2008, une quarantaine de salariés communaux étaient en « contrats aidés » (CAE, CES, CEC) sur des postes largement subventionnés par l’Etat.

Lors de son arrivée au pouvoir, Yves Michel a légèrement augmenté ce nombre, préférant recourir aux contrats de droit privé pour remplacer le personnel muté ou parti en retraite (un contrat de droit privé est plus docile qu’un fonctionnaire, qui a peu de risque de perdre sa place).

Un employé municipal payé au SMIC, c’est 22 000 euros par an, charges comprises.

Par conséquent pour transformer 40 « contrats aidés » en fonctionnaires, Yves Michel doit trouver dans les caisses de la ville 40 X 22 000 = 880 000 euros de recettes supplémentaires par an. C’est une somme énorme !!! Pour vous donner un ordre d’idée, c’est à peine moins que les embauches nouvelles réalisées par Méric dans les secteurs précités … en 7 ans de mandat !!!!!

ACTE II : Yves Michel accuse Williams Méric d’avoir augmenté de manière inconsidérée les charges de personnel sous son mandat. Rappelons que la majorité des embauches réalisées par Méric concernait le secteur périscolaire et les crèches, secteurs quasi inexistants auparavant, à la plus grande joie des parents Marseillanais … Mais aussi de Yves Michel, qui avait voté pour ces embauches, contrairement à ses déclarations. Pour le vérifier, il suffit de consulter les registres des délibérations entre 2001 et 2008 !

Pensez-vous que Yves Michel va effectivement titulariser tous les contrats précaires ? Nous, on est prêt à parier que non !

On connaît Yves Michel, on sait qu’il ne faut jamais se fier à sa parole.

Une contradiction de plus, et alors?

Sauf que là, Yves Michel a joué à un jeu déplorable. Il s’est adressé, dans son discours de janvier, à des hommes et de femmes, souvent en situation précaire, à l’instar d’une employée, qui a reçu (avec raison) ce discours comme la promesse d’un CDI dans les services de la ville, avec à la clé, un emploi stable qui lui permettrait de faire vivre décemment sa famille. Moralité, quelques mois après, elle apprenait qu’elle était …. Remerciée !!! Sans apparemment avoir commis une faute quelconque. Vous retrouverez son témoignage sur Hérault Tribune http://www.herault-tribune.com/articles/8150/le-cri-d-une-femme-desesperee/

Qu’elle nous permette de citer quelques extraits de son témoignage :

« Après 3 contrats (c’est le maximum), je viens d’apprendre il y a 3 semaines, que, contrairement à ce que le Maire a promis lors de ses voeux au personnel municipal, en janvier dernier, à savoir «de pérenniser les emplois précaires », mon contrat s’arrêtant le 4 novembre prochain, on ne me garderait pas. POINT, pas plus de commentaire, pas d’explication, rien. »

« J’ai travaillé sans compter les heures, sans ménager ma peine, parfois les week-end et le soir jusqu’à 20h pour les vernissages d’expositions, sans jamais me plaindre, toujours volontaire, ne posant mes congés que dans la logique des projets sur lesquels je travaillais, afin de ne pas interférer dans ceux-ci … »

« J’ai énormément donné de ma personne pour prendre de plein fouet cette terrible nouvelle : « votre contrat s’arrête, vous partez ».

« Ces contrats qui sont sensés remettre le pied à l’étrier aux demandeurs d’emploi, les employeurs s’en servent en fait pour avoir « de la main d’oeuvre » à moindre coût. »

« Là, ce n’est pas à l’étrier qu’on m’a mis le pied, c’est au derrière, et ne manque, que « casse-toi, on t’a bien utilisée, on a plus besoin de toi, tu ne nous rapportes plus rien » (traduction personnelle que j’imagine, mais tellement véridique) ».

« Je suis « dégagée » par des gens qui n’ont aucun état d’âme et surtout qui ont une notion étrange du « renvoi d’ascenseur », qui ont été bien contents à une époque de m’avoir à leurs côtés, de les aider bénévolement. »

M. le Maire confond trop souvent scène publique et cours de récré, où les bambins peuvent dire n’importe quoi pour épater les petits copains, en se disant que le lendemain tout le monde aura oublié. Cette attitude, déjà choquante quand il s’agit de problèmes de voiries, devient inadmissible lorsqu’elle touche des personnes en difficulté.

Voilà ce qu’Yves Michel appelle « la gestion du personnel » ; ça se passe comme ça à Marseillan … Tout simplement !!!!

On ne peut que souhaiter à cette personne de retrouver rapidement du travail auprès d’un employeur honnête cette fois-ci (si, si, ça existe). Vu les compétences qu’elle a su mettre en œuvre dans son poste de chargée de mission, ce serait tout de même extraordinaire si cela ne se produisait pas. Et a Yves Michel, on lui souhaite de réfléchir avant de parler et de dire n’importe quoi … Avec les conséquences désastreuses que son attitude entraîne.

(1)  : les compte rendus audios sont remis en ligne depuis peu sur le site de la ville: ce sont les phrases exactes prononcées par le maire ce jour là.