Notre maire, contrairement à la dernière fois, s’est montré d’excellente humeur (du moins jusqu’au point 18, on le verra un peu plus loin). Un coup c’est avec, et coup c’est sans, on n’a toujours pas compris pourquoi … 

Il a même tenté des touches d’humour (un poil foireuses les blagues) …pour répondre à côté, comme à son habitude …

Michel de La Palice, maire de Marseillan

Florilège :

Point 12 « Attribution du marché public « Cœur de ville ».

Williams Méric : Nous nous félicitons que vous continuiez notre projet, avec un bémol seulement : pourquoi n’avez-vous pas entrepris les travaux en 2008, alors que les crédits de la 2ème tranche avaient été votés ? ».

Yves Michel : « Et vous, si vous aviez réalisé les travaux de la 1ère tranche en 2001 au lieu de 2004, vous auriez pu mener les travaux de la 2ème tranche en 2004 ».

Point 6 : règlement de prêt de salles municipales

Williams Méric : « Je ne comprends par pourquoi vous limitez l’utilisation du foyer des anciens à 20 heures ».

Yves Michel : « On arrête à 20 heures parce qu’il fallait choisir une heure ».

Point 11 : enfouissement réseaux éclairage public

Williams Méric : « Pourquoi ce choix d’enterrer les réseaux seulement sur le rond point du 19 mars ? »

Yves Michel : « On enterre les réseaux parce qu’ils sont aériens. S’ils ne l’étaient pas, on n’aurait pas besoin de le faire ».

Point 14 : Dénomination de voie

Williams Méric : « Pourquoi avoir dénommé cette voie « Rue des Compagnons » ?

Yves Michel : « Parce qu’il fallait lui trouver un nom ».

Un fatras de réponses qui ne font pas avancer le schmilblick … « Merci Monsieur de La Palice », a rétorqué à chaque fois Williams Méric ….

On redevient sérieux et on attaque les points à l’ordre du jour :

Point 1 : Plan d’Aménagement des Voiries et des Espaces publics (PAVE)

Selon la loi du 11 février 2005, un Plan d’Aménagement des Voiries et des Espaces publics doit être réalisé par chaque commune, afin de rendre accessible les cheminements à toutes les formes handicap.

La loi est assez hypocrite : elle demande que ce cahier des charges soit réalisé, mais ne fixe pas de date quant à sa mise en application sur le terrain. Le PAVE se résume donc à un catalogue de vœux pieux, et est par conséquent tributaire de la volonté des élus de le mettre en place ou non.

Qu’entend-on par voiries impraticables ? Ce sont tout d’abord des rues dont les trottoirs mesurent moins de 1,4 mètres de large, ou qui sont encombrés d’obstacles divers : panneaux de commerçants, poteaux électriques etc … etc … Les trottoirs ne doivent pas non plus débuter ou terminer par un bord franc par exemple.

La municipalité a mandaté un cabinet, Egis Conseil, qui a arpenté 9km de voiries publiques et analysé 100 tronçons. Le rendu constitue un rapport de 95 pages qu’il serait fastidieux de détailler ici. Les personnes intéressées pourront le consulter sur le site ftp://193.252.58.76 nom d’utilisateur pave, mot de passe evap.

Il ne faut cependant pas considérer le handicap sous le seul angle du fauteuil roulant. De nombreuses personnes âgées peuvent avoir des problèmes qui pour lire un panneau, qui pour enjamber un trottoir, qui pour circuler sur une rue défoncée, avec des ornières. Le PAVE concerne donc plus de citoyens qu’on ne le pense généralement.

Le coût total de remise à niveau de ces 9km de voirie avoisinerait les 1,4 millions d’euros, principalement sur le centre de Marseillan ville et sur Marseillan Plage.

Et encore, le PAVE ne tient pas compte des travaux hypothétiques dans le cadre du FISAC sur le cœur de ville et sur le port, puisqu’on considère que l’accessibilité handicapés sera réalisée à ce moment-là.

Yves Michel s’est bien gardé de donner un calendrier pour la mise en application de ce PAVE. Et, suite à une interpellation de Williams Méric, notre Maire a avoué que, hormis ces 9 km de voiries, de nombreux travaux restaient à accomplir pour rendre Marseillan totalement accessible à tous les handicaps.

Point 12 : Attribution du marché public « Cœur de ville »

Yves Michel propose de continuer l’aménagement du Cœur de ville pour un montant total de 420 000 € TTC

David Sauvade : « si vous permettez, Monsieur le Maire, je vais faire les questions et les réponses. Je vais vous demander le plan d’ensemble, ce à quoi vous allez rétorquer qu’on ne vote pas le plan, seulement les investissements, mais à la fin vous finissez toujours par projeter sur l’écran le plan en question. Je vous propose donc de passer à la dernière étape pour gagner du temps ».

Yves Michel : « Puisque vous le demandez, on ne va pas vous le refuser. Voici donc le plan de ces aménagements ».

La municipalité va ainsi continuer le pavage devant l’église jusqu’au Marine Bar (je sens qu’on va avoir droit à des commentaires de blogueurs facétieux NDLR). L’ancienne gare routière sera démolie. On ne sait pas où seront logées les associations de ce bâtiment cependant.

Williams Méric : « Je vois que vous supprimez aussi le parking fermé utilisé par les véhicules de la police municipale. Allez-vous déplacer ce service ? ».

Yves Michel : « Non, la police municipale ne bougera pas. Les véhicules resteront à l’extérieur de jour, et la nuit, les agents iront les chercher aux services techniques pour prendre leur faction ».

On a trouvé ce système contraignant et peu pratique pour les agents. Sinon, comme le projet de Yves Michel est sensiblement équivalent à celui que nous aurions réalisé, on a voté pour.

Point 18 : déclassement de la RD 18 entre le PR 6000 et le PR 7550

Traduction : le Conseil général possède le chemin qui mène à l’entreprise Medithau et va jusqu’à l’étang (quand vous quittez Marseillan et que vous prenez la route de Mèze, à côté du carrefour de Florensac).Yves Michel propose de reprendre dans la voirie communale ce chemin de 1,55 km …. Contre une indemnité de 40 000 euros versée par le Conseil général.

Problème : ce chemin est complètement défoncé par les incessants va-et-vient des poids lourds de Medithau, une entreprise qui fait de l’import export d’huîtres et de moules….

Sylvie Ortin : « Cette opération va se révéler être un gouffre financier pour la commune. Avez-vous songé à la remise en état de ce chemin ? Si oui, vous devriez être capable de nous fournir un coût estimatif. Je ne pense pas que les 40 000 euros du Conseil général soient suffisants pour couvrir les travaux. Ensuite, j’aimerai savoir quelle sera la quote-part de l’entreprise Medithau ».

Yves Michel : «Très probablement, Médithau participera à la réfection de ce chemin, comme la ville et le Conseil général, mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment ».

Sylvie Ortin : « La voirie sera-t-elle calibrée pour les camions ou pour les voitures ? ».

Yves Michel : « Pour les 2 ».

Williams Méric : « Alors vous êtes capable de nous dire combien cette opération va coûter ».

Yves Michel : « Non, car je ne connais pas encore le résultat de la négociation entre le Conseil général, Medithau et nous ».

Williams Méric : « Ce que je vous demande, c’est combien coûte la remise en état de 1,5 km de chemin de terre calibré pour le passage de camions de 33 tonnes. C’est simple comme question ! Vous avez un ingénieur aux services techniques pour ça, il suffit de l’interroger! ».

Yves Michel : « Oui, je le sais, mais je ne le dirai pas tant que je n’aurai pas le résultat de la négociation ».

Williams Méric : « C’est fou ! En fait, vous n’en savez rien et encore une fois, vous vous lancez dans un projet sans en connaître les tenants et les aboutissants ! Pour le Conseil général, c’est une bonne opération, mais je ne dirais certainement pas la même chose pour le contribuable Marseillanais ! ».

Yves Michel : « On a laissé une entreprise de cette dimension s’installer sur cette zone. Maintenant, il faut assumer. J’aimerai savoir qui lui a délivré un permis de construire ? ».

Williams Méric : « L’entreprise Medithau s’est agrandie et avait besoin de plus d’espace notamment pour le traitement de ses produits. J’avais refusé le permis car cette extension était en zone humide. Le préfet lui a accordé une dérogation, et qui plus est elle a obtenu l’autorisation de créer des bassins pour rejeter ses eaux sales sur les zones humides. Je ne suis pas responsable de cet état de fait.. Et lorsque j’avais demandé à Medithau de payer pour l’entretien de ce chemin défoncé par ses camions, elle avait refusé d’en payer la moitié». (pour mémoire le projet était alors de partager le coût en trois : médithau, commune et conseil général).

Yves Michel : « Moi, j’aide les petits comme les gros et je répare ce que vous n’avez pas fait durant votre mandat. Bien sûr, cela coûte de l’argent, mais je donne ainsi aux conchyliculteurs les moyens de réussir ».

Sylvie Ortin : « Medithau n’est pas un conchyliculteur, c’est une entreprise qui retrempe des huîtres et des moules étrangères et les vend ensuite sous le label « Sud de France » !

Yves Michel : « Je ne délivre pas ce label, je laisse le soin au comité d’attribution de s’en expliquer ».

Sylvie Ortin : « Si vous voulez vraiment aider les conchyliculteurs, occupez-vous prioritairement des voiries communales qui mènent aux mas ! ».

Yves Michel : « Nous sommes en train de valider avec le syndicat conchylicole un planning de réfection des voiries, incluant les voiries départementales ».

Williams Méric : « Je le répète, vous allez faire une grosse bêtise en reprenant ce chemin. Vous gérez la ville de manière médiocre. Encore une fois vous vous lancez dans des projets dont la ville n’a nul besoin et sans aucune réflexion, pas seulement en termes financiers. Demain, vous aurez des demandes similaires, vous vous retrouverez devant le même problème multiplié par 10, et parce que vous avez dit oui à un, vous serez obligés de dire oui aux autres».

Nous clôturons ainsi le compte rendu de ce Conseil … à Bien Thau !!!!!