Les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle pour Marseillan ont été officialisés le 22 vers 20H40.

Les voici, pour ceux qui ne les connaîtraient pas encore :

Electeurs inscrits : 6262

Votants : 5050 (80,6%)

Exprimés : 4949

Résultats des candidats dans l’ordre des suffrages :

Nicolas SARKOZY : 29,6%

Marine LE PEN : 27,2%

François HOLLANDE : 22,2%

Jean Luc MELENCHON : 10,7%

François BAYROU : 5,5%

Eva JOLY : 1,9%

Nicolas DUPONT AIGNAN : 1,5%

Philippe POUTOU : 0,8%

Nathalie ARTHAUD : 0,5%

Jacques CHEMINADE : 0,1%

 

Les candidats de gauche

François Hollande recueille un peu plus de bulletins que Ségolène Royal, 22,2% contre 21,2% en 2007 pour cette dernière.

Le premier gagnant de ce scrutin est Jean Luc Mélenchon, qui totalise davantage de voix (10,7%) que l’addition de tous les candidats de la gauche de la gauche réunie en 2007 (environ 7%).

Mais comme on le voit cependant, les scores des candidats de gauche sont en deçà de la moyenne nationale.

 

Le candidat du centre

Bayrou s’effondre, en perdant exactement 7 points, de 12,5% en 2007 contre 5,5% en 2012.

 

Les candidats de droite

Que Nicolas Sarkozy sorte en tête, rien de surprenant dans une ville qui l’avait placé très haut au 1er tour en 2007, avec 34% des suffrages, 12 points devant Ségolène Royal. Il perd cependant 5 points par rapport à la dernière échéance.

Marseillan est majoritairement à droite depuis une quinzaine d’année, selon une proportion moyenne de 55/45 en faveur de la gauche. Au second tour en 2007, le président candidat l’avait d’ailleurs emporté haut la main, avec près de 61,5% des suffrages.

 

Le deuxième gagnant, et c’est triste à dire, est Marine Le Pen. Le Front National accroît encore son score de 16,4% pour atteindre 27,2%, ce qui la place en 2ème position à Marseillan, alors ce "parti" n’était « que » 3ème en 2007.

 

Montée du Front National : comment expliquer ce résultat catastrophique pour tous les démocrates ?

On va tout de suite balayer une série de réflexions qui voudraient lier le résultat d’hier soir à la couleur politique du maire, dans le style « si des élections municipales avaient lieu demain, Yves Michel perdrait 5 points comme son candidat Nicolas Sarkozy ». Ce serait une très mauvaise analyse.

Pour s’en convaincre, Il suffit de regarder les résultats de Vias, une commune avec un maire de gauche, où Le Pen dépasse les 31%, suivi par Sarkozy à 26%. Hollande n’y recueille que 22,3% des voix..

Les électeurs se sont donc exprimés indépendamment du marquage politique de leur maire pour ce scrutin national. Dans le département, en dehors des zones très rurales et de Montpellier (environ 10% de votes extrême droite), les résultats sont d’ailleurs un peu partout les mêmes : 27,6% à Agde, 26,8% à Lunel, 28,9% sur le canton de Frontignan etc. en faveur de Marine Le Pen.

 

Où chercher alors les raisons du vote en faveur de la droite extrême ?

Délitement du lien social, renforcement de la « peur de l’autre », de son voisin, perte de repères et de confiance dans les « partis de gouvernement », vote de protestation …. Tout a été dit en long et en large.

Une raison majeure n’est qu’assez rarement évoquée par les politiques et les analystes, et qui pourtant saute aux yeux.

 

Etude comparée des cartes du chômage et du vote Front National

 

D’abord la carte du chômage :

 Chomage

Source : INSEE 2011 

 

Puis celle du vote Front National :

 vote le pen

 

Source : Le Figaro du 22 avril 2012

Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau !!!!!

 

 

Dans le détail :

Départements où le chômage était supérieur à 11% en 2011 dans le sud  :

Pyrénées Orientales, Aude, Hérault, Gard, Bouches du Rhône, Vaucluse, Var

Résultats du vote Le Pen en 2012 :

Rappel : le Front National a réalisé 18,01% des suffrages au niveau national

Pyrénées orientales : 24,23%, Aude : 23,22%, Hérault : 22,18%, Gard : 25,51%, Bouches du Rhône : 23,38, Vaucluse : 27,03%, Var : 24,83% (source : Midi Libre du 22 avril 2012).

 

On pourrait multiplier encore les exemples par 100 et on constatera presque toujours une corrélation entre chômage et vote d’extrême droite.

 Le Pen

Réaction aux 27% de Marine Le Pen, affiche taguée à la grille.

Inutile de chercher midi à quatorze heures : les personnes qui ont voté en faveur  du Front National ne sont pas tous d’affreux nostalgiques du maréchal Pétain ou des « crânes rasés casseurs d’arabes » mais des hommes et des femmes touchés directement ou indirectement par le chômage et qui manifestent ainsi leur « ras-le-bol » avec le seul moyen qui leur reste à disposition : le secret de l’isoloir.

On ne le dira jamais assez : les « solutions » proposées par le Front National ne feraient qu’aggraver une situation déjà fort difficile (la sortie en catastrophe de l’Euro par exemple, jugée dévastatrice par tous les économistes et synonyme de reprise de l’inflation, donc de baisse immédiate du pouvoir d’achat) et n’iraient absolument pas dans le sens des intérêts des travailleurs. Sans parler, mais cela a été maintes et maintes fois répété, du pointage du doigt de « boucs émissaires » responsables de la crise, avec un relent de quelque chose que les plus anciens d’entre-nous ont vécu.

Ventre affamé n’a point d’oreille, dit le proverbe … Ne cherchons cependant pas à convaincre ces électeurs avec des arguments philosophiques qui n’auraient pas de sens pour eux. Recréons de l’emploi, assurons une sécurité et un confort social pour ces familles et le Front National reviendra au niveau où il a toujours mérité d’être, celui avant la deuxième crise de 1979, à moins de 1% des suffrages !

Facile à dire, pas facile à faire …. La balle sera dans le camp du futur président de la République. Immense tâche que celle-là !

David Sauvade