Depuis quelques semaines, alors que l'actualité bat son plein concernant cette crise financière historique, je m'étonne qu'aucun internaute n'ait réagi dans ce domaine sur un site d’information local.

Après tout, est-ce peut être le fait que cet affaire dénote une quelconque complexité technique doublé d’un manque sérieux de lisibilité ? Il est vrai que les chiffres annoncés au fil des jours dépassent bien volontiers notre imagination, car ces montants sont à des années lumières de notre réalité quotidienne.

Afin de dissiper ce brouillard ambiant, il faut tout de même avoir bien en tête toutes les étapes de cette situation historique pour comprendre vers quel système nous nous dirigeons lentement mais sûrement. La crise des subprimes. a entraîné des situations financières très difficiles pour les banques. En effet, elles se sont retrouvées avec énormément de créances impayées, et donc des pertes d'argent. Ainsi, elles ont essayé de refiler leurs créances pourries par des opérations plus ou moins douteuses. Le gouvernement américain n'intervient pas, pensant que la meilleure solution étant de faire confiance à l'autorégulation du marché.

Du coup, la situation devient critique et certaines banques arrivent au bord du chaos. Dès lors, toutes les places financières du monde sont inquiètes, et le mot est faible ! On craint un effet domino : les banques sont toutes interdépendantes par l'échange de titres, d'emprunts... le pire étant que les banques américaines ont refilé toutes leurs créances pourries aux banques saines, mélangeant "bonnes et mauvaises créances". La faillite d'une peut entraîner la faillite de l'autre. Le gouvernement des Etats-Unis décide alors d'intervenir sur le marché financier (700 milliards de dollars) en espérant jouer le rôle de régulateur, d'autant plus que beaucoup critiquaient alors, leur politique économique ultralibérale.

Ce sont donc les fonds publics, donc les contribuables qui vont payer. Aujourd'hui, le tsunami financier a atteint les côtes européennes avec les soucis qu'ont connu Fortis et Dexia.

Qu'en est t-il de la France ?

Une caisse de refinancement (société) sera créée en garantissant une injection de liquidité dans le système bancaire (320 milliards d'euros). Cet argent sera récolté auprès d'investisseurs mais il ne sera pas exempt d'intérêts pour l'état. Cependant, les prêts octroyés par celui-ci aux banques seront, eux aussi, soumis à des intérêts. Par ce biais, nous arrivons donc à une notion d'équilibre. L'argent débloqué sera utilisé au cas par cas, et par la suite une capitalisation par l'Etat de certaines banques n'est pas à exclure. La question, qui revient constamment chez nos concitoyens, concerne l'augmentation à prévoir des impôts ou pas ? « Non, non » nous dit l'Etat, car celui-ci a recours à l'endettement et cette dette aussi extraordinaire qu'elle soit, ne pèse pas immédiatement dans le budget des ménages.

Est-ce que cela va marcher ? A l'heure actuelle, personne ne sait. Seuls éléments positifs, les bourses sont reparties à la hausse.

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Récession : faut-il suivre l'exemple de Yves Michel ?

La conclusion à en tirer est que nous avons ici l'exemple même que l'ultra-libéralisme n'est pas une solution viable. En effet, les Etats-Unis ont du intervenir sur les marchés en nationalisant certaines banques, assurances et en imposant la régulation des flux financiers. Donc pour moi, il s'agit de la chute de ce libéralisme au profit d'un capitalisme plus modéré. Tout au moins, d'une remise en question car repartir sur les mêmes bases, sans introduire les règles du jeu de la modération serait, à mon sens, irresponsable.

Jusqu'à présent, nous avions la privatisation des profits, aujourd'hui, nous avons la socialisation des pertes même si la plupart d'entre nous considèrent que cela est scandaleux de renflouer un système mis à mal par une minorité.

Ne serait t-il pas plus scandaleux de laisser ce système s'effondrert totalement avec le mal que cela pourrait engendrer pour les petits épargnants et autres acteurs de l'économie réelle ?

Au niveau local, on peut maintenant aussi tordre le cou à cette idée reçue que l'on entend partout, surtout en période d'élection. « Attention, notre collectivité s'endette pour des écoles ou autres bâtiments publics... » Vu le plan de sauvetage mis en place mondialement afin d'avoir toujours recours aux crédits pour les particuliers, entreprises, PME et collectivités locales, désormais, il faudrait plutôt appeler ce genre d'opérations, investissements à long terme plutôt que de dire de manière polémique de dire « C'est encore une fâcheuse dette laissée aux prochaines générations. »

PATRICK 

Patrick ETIENNE

secrétaire de Marseillan Bien Thau