Nous continuons sur le long débat du PLH, avec comme d’habitude, un gros « il l’a dit et il a fait le contraire » made in Yves Michel …..

Nous avions terminé la dernière fois sur un chapitre intitulé : « Un farouche défenseur des logements sociaux : Yves Michel ». Commençons la deuxième partie de ce compte-rendu intitulé …. « Un farouche opposant aux logements sociaux : Michel Yves ». Certaines personnes bien informées prétendent qu’il s’agirait en fait de la même personne ….

 

Un farouche opposant aux logements sociaux : Michel Yves

David Sauvade : « Je constate avec bonheur que vous voyez enfin l’utilité du logement social sur Marseillan. Je ne résiste pas au plaisir de rappeler les articles que vous avez publié dans votre journal à l’époque où vous étiez dans l’opposition. On ne peut pas dire que le logement social faisait partie de vos priorités !!!!

 « Un autre projet qui tient à cœur au maire de Marseillan, c’est de faire encore plus de logements sociaux. Un projet qui paraît très social à première vue, mais qui représente pour le maire un atout supplémentaire pour augmenter sa masse électorale et il ne soucie guère si un tel projet peut déranger par exemple les riverains … » (Yves Michel, Petit Marseillanais de janvier 2002).

Vous nous proposez de voter le texte suivant ce soir : « instauration d’un pourcentage minimum de 20% logement en accession sociale ou accession abordable (prix de référence de 25% inférieur au prix du marché dans toute opération d’aménagement ». (Page 61 du PLH, fiche action Marseillan).

Voilà ce que vous en pensiez à l’époque : « Afin de répondre au manque de logements dans Marseillan, et notamment pour les jeunes Marseillanais, la municipalité à prévu de résoudre ce problème de façon suivante : utilisation du droit de préemption afin d’acquérir des terrains au prix inférieur à celui du marché et de ce fait, spolier les propriétaires dont ce bien est parfois le résultat du travail de plusieurs générations […] Tout cela est décidé sans concertation, sans évaluation des risques, sans recherche d’un projet différent où les intérêts des Marseillanais soient préservés ».(Yves Michel, Petit Marseillanais d’avril 2002).

Vous alliez même jusqu’à penser que Marseillan allait devenir le coupe gorge du Bassin de Thau :

 « Marseillan ne pourra rien imposer, et notamment [empêcher] l’arrivée massive d’une population à risque des banlieues des villes voisines …. [Nous préférons une aide à l’accession à la propriété] en lieu et place d’une location contraignante, dans l’insécurité et la promiscuité des HLM […] Le maire actuel doit absolument comprendre que ses décisions en faveur des HLM vont amener dans sa ville des problèmes d’insécurité, des surcharges dans les effectifs scolaires, donc des écoles trop petites etc… De nouveaux problèmes qu’il ne pourra résoudre dans l’immédiat et qui entraîneront de grosses dépenses dans le futur et mettrent (sic !!!!) la ville de Marseillan en danger. Les Marseillanais veulent une ville où la qualité de vie est une priorité » (Yves Michel, Petit Marseillanais d’avril 2002)

Si le Yves Michel d’il y a 10 ans vous avait entendu parler comme vous le faites ce soir au conseil municipal, il vous aurait sauté à la gorge !!!! ».

A noter qu’Yves Michel n’est pas un cas isolé : la plupart des principaux élus de la majorité avaient fait campagne sous Méric contre les logements sociaux. On se souvient ainsi (nous en avons déjà parlé) de la fameuse pétition de Joël Lafage, actuel adjoint à l’urbanisme, et donc pilote de l’opération HLM sur Marseillan, contre les 4 (oui, oui, 4 !) logements sociaux des Onglous. Nos commentateurs facétieux ont pu calculer que l’ami Joël aura 82 pétitions à faire signer d’ici à 2017 si les délais de livraison sont tenus sur Marseillan !!!!

 

logements sociaux joel

 

Bilan du maire en logements sociaux : 0 depuis 2008 …

Revenons à nos moutons : réponse d’Yves Michel

Yves Michel : « Oui, euh maintenant, pour les problèmes de sécurité, il y a les caméras qui sont déjà en place et nous restons faisons tout pour que les logements sociaux soient attribués aux Marseillanais. Cette pique politique..Euh, politicienne de Monsieur Sauvade ne doit pas nous faire oublier que nous sommes tous d’accord pour appliquer ce PLH sur notre commune ». Yves est décidément bien meilleur en bottage en touche qu’en gestion financière !!!! NDLR

Williams Méric : « Cela ne vous empêche pas d’être vigilant sur l’aspect architectural de ces constructions. Je pense notamment aux 17 mètres de haut de l’ancien hôpital. Il faut user du droit de préemption là où c’est encore possible avec notre POS actuel. Je tiens aussi à signaler une grosse erreur de diagnostic dans ce PLH, sur les capacités d’accueil à créer en maison de retraite. Il n’y en a plus aucune selon le schéma gérontologique ».

André Giron : « Dans le diagnostic de 2008, l’habitat potentiellement indigne était évalué à 673 logements pour la seule commune de Marseillan. Je ne trouve pas trace d’un plan de rénovation dans le PLH 2012 ».

 

Vas-y François !!!!

Yves Michel : « l’habitat insalubre fera l’objet d’un volet distinct. L’Etat a de plus donné instruction aux préfets d’étudier toutes les ventes de bien et de lancer des DIA (des préemptions en langage courant) sur des logements potentiellement intéressants et cherche à appliquer un dispositif pour remettre en location les logements vacants, soit en les réquisitionnant, soit en les taxant davantage ».

Il y a au moins un élu UMP qui semble satisfait de la politique sociale de François Hollande, c’est notre ami Yves Michel !

 

Point 13 : extension du périmètre d’intervention du Conservatoire du littoral

Le groupe Listel déménage et souhaite vendre 600 hectares de terres viticoles lui appartenant le long de la route du Lido. Malin, son patron, Vranken (aussi appelé Francken ou même Franquin par les élus un peu fatigués du débat sur le PLH) « veut bien vendre mais pas à la concurrence » nous a expliqué Yves Michel. Aussi a t-il fait une proposition au conservatoire du littoral, qui gère les espaces sensibles, qui a accepté sur le principe de racheter l’ensemble au prix de l’estimation domaniale (Vranken ne se remplira pas les poches par cette vente, loin s’en faut, mais au moins il n’aura pas un concurrent dans les pattes).

Marseillan est touchée dans la mesure où le groupe Vranken possède 5 hectares sur Marseillan, sur lesquels est implanté en partie le domaine de Vassal, géré par l’INRA, qui est aussi la plus grande réserve mondiale de cépages de vigne cultivée (2300 espèces différentes, de mémoire).

On ne raconte pas de blague. Personne ne le sait, simplement parce que le domaine, dédié à la recherche scientifique, ne se visite pas, sauf en de rares occasions. Si vous voulez épater vos voisins, racontez leur cette histoire. (Pour les épater encore plus, parlez de « réserve ampélographique », l’ampélographie étant l’étude de la vigne).

Pour en revenir à nos moutons, à savoir les 600 hectares de Listel, encore une fois un consensus s’est dégagé entre majorité et opposition pour se féliciter de la préemption par le conservatoire du littoral. Cette opération  permettra en effet de mettre à l’abri ce grand espace proche du rivage des convoitises des promoteurs. Reste un certain nombre de points à éclaircir toutefois :

Les vignes resteront-elles des vignes ?

David Sauvade souhaiterait qu’elles soient confiées à des viticulteurs locaux, sur le modèle des plans de gestion instaurés sur d’autres sites du conservatoire du littoral. D’accord, répond Yves Michel « Sauf si Vranken décide de tout arracher pour bénéficier de la prime à l’arrachage, auquel cas nous ne pourrons pas nous y opposer ».

Quel avenir pour l’INRA ?

Yves Michel nous explique que l’INRA souhaite également déménager « car le risque de submersion marine est fort ». Réponse de Williams Méric : « l’INRA veut partir de ce site car elle veut surtout rationnaliser ses frais de gestion. Toute autre explication est fantaisiste : à Gruissan, une unité de l’INRA est installée en bord de mer et ne s’en porte pas plus mal !!! ».

S’il n’y a plus de vigne, on fait quoi ?

Les conchyliculteurs se sont depuis longtemps montrés intéressés par ces terrains, pour y implanter des écloseries. Pour faire simple, et pour continuer à épater vos voisins, il faut savoir que le Bassin de Thau alimente en naissains (les bébés huîtres) une bonne partie des centres de productions français, y compris le bassin d’Arcachon. Que de plus une mystérieuse maladie (sans danger pour l’homme) décime les naissains (et seulement les naissains) dans l’étang et plonge les conchyliculteurs dans la précarité.

D’où l’idée pour le syndicat conchylicole de trouver des espaces pour construire des bassins artificiels afin d’élever les naissains. Les terrains de Vranken sont idéalement situés, car proches de l’étang.

Les conchyliculteurs n’ont bien sûr pas besoin des 600 hectares. Cette activité pourrait cohabiter sans problème avec la viticulture.

Ainsi, Yves Michel propose un vote favorable à la préemption du conservatoire du littoral assorti de la réserve suivante : « Toutefois, à défaut de conserver une activité viticole de ces terrains, il est souhaitable que puisse être étudié le redéploiement d’autres activités fortement liées à notre territoire que sont la conchyliculture et l’aquaculture marine ».

Pour une fois, cette résolution nous a semblé être très bonne et nous l’avons bien sûr votée. On ne va quand même pas se taper dessus tout le temps !!!!

 

Point 16 : Engagement de la procédure d’expropriation concernant la SCI Tennis d’Oc, ou Yves-l’homme-au-couteau-entre-les-dents.

Je ne sais pas pourquoi, mais ce conseil nécessite à presque tous ses points de longs préambules d’explications…

On fait là encore faire simple au risque de dénaturer la réalité : Il y a une vingtaine d’années, comme cela se faisait souvent à l’époque, la ville avait donné des terrains communaux à une SCI en vue de gérer un tennis-club (devant les mas conchylicoles, en prenant la route à droite du cimetière). La ville souhaite maintenant reprendre ces terrains dans le parc communal. Or il a été impossible au maire de retrouver toutes les personnes ayant des parts dans la SCI (certaines personnes sont décédées et n’ont pas indiqué par disposition testamentaires quels étaient les héritiers de leurs parts) et au moins une autre, toujours vivante, y est opposé.

David Sauvade : « M. le maire, vous vous êtes fait une spécialité de la braderie du patrimoine communal au bénéfice du privé, et d’un seul coup vous nous proposez une délibération réclamant l’inverse ».

Yves Michel (en rigolant) : « Maintenant, je prends aux riches, aux propriétaires fonciers » (1).

David Sauvade : « Vous rejoignez notre position sur les logements sociaux, vous achetez des terrains privés… Si ça continue, vous allez voter pour nous en 2014 !!!! ».

Yves Michel : « ça sera peut-être l’inverse ! ».

David Sauvade : « Attention à ne pas contaminer vos adjoints ! Sinon, quelle est la finalité de cette opération ? ».

Yves Michel : « Aucune ».

David Sauvade : «Merci Monsieur le maire. Point suivant ... Non sans blague ? Vous préemptez bien pour une raison précise, du moins je suppose … ».

Ludo Fabre : « C’est pour remettre à niveau les équipements. Les courts en terre battue doivent être repris complètement ».

David Sauvade : « Donc si je comprends bien, vous allez investir et gérer en direct les terrains de tennis ».

Ludo Fabre : « Oui, mais après on les redonne à l’association ».

David Sauvade : « Pour résumer, vous préemptez, vous faites les travaux mais la gestion associative ne change pas. C’est cela ? ».

Yves Michel : « Vous avez tout compris ».

Eh ben voilà !!! Il suffit de poser les bonnes questions au bon moment, et on a ainsi toutes les réponses !!!!

Le reste du conseil n’ayant pas soulevé de débats particuliers, nous nous arrêterons là pour cette fois-ci. Merci de nous avoir suivis et à très Bien Thau !

(1)     : Sans blague, il a dit ça !!!! Inutile de préciser que c’était de l’autodérision… Il n’est tout de même pas allé jusqu’à expliquer qu’il prenait aux riches pour donner aux pauvres. La générosité du maire à ses limites !!!!